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Nouvelles découvertes sur le rôle de 4 gènes et de l'interleukine 6 dans la cicatrisation

Les cellules endommagées envoient des signaux aux cellules voisines qui se traduisent par l'acquisition de caractéristiques embryonnaires qui favorisent la réparation des tissus. Les travaux d’une équipe du Centre national espagnol de recherche sur le cancer (CNIO), présentés dans la revue Science, démontrent ainsi, pour la première fois, que la lésion tissulaire est un facteur pertinent de retour des cellules à l’état embryonnaire. L'identification d’une protéine au rôle clé a des implications importantes pour la cicatrisation des plaies comme pour la prise en charge de certaines maladies neurodégénératives.

 

De précédents travaux ont montré que l'introduction d'une combinaison de 4 gènes connus sous le nom d'OSKM représentant les initiales des 4 gènes, OCT4, SOX2, KLF4 et MYC permet de faire revenir les cellules adultes à un état embryonnaire et les transforme en cellules pluripotentes, c’est-à-dire en cellules capables de se spécialiser en n’importe quel type de cellule. C’est une étape cruciale pour la médecine régénérative. Cependant, il existe plusieurs limites à ce processus qui bloquent la reprogrammation cellulaire et empêchent son utilisation clinique.

 

C’est là qu’interviennent ces scientifiques espagnols du Groupe de Suppression des Tumeurs du CNIO. Leur approche leur avait déjà permis en 2013, de réaliser une reprogrammation cellulaire au sein d'un organisme vivant (ici chez la souris) alors que jusque-là, la reprogrammation cellulaire n'avait pu être réalisée que sur cellules explantées de l'organisme. Cette nouvelle recherche expérimentale analyse ce qui se passe dans les tissus vivants lorsque la reprogrammation est induite en utilisant la combinaison OSKM. Les nouvelles observations de chercheurs révèlent que les dommages tissulaires jouent un rôle essentiel dans cette reprogrammation, en se combinant à l'activité des gènes OSKM.

 

Une relation entre les dommages tissulaires et la reprogrammation cellulaire est médiée par une molécule pro-inflammatoire, l'interleukine-6 ​​(IL6). Sans sa présence, les gènes OSKM sont beaucoup moins efficaces à induire le processus de reprogrammation. Les chercheurs décryptent ainsi la cascade moléculaire suivante :

  1. expression des gènes OSKM
  2. dommages aux cellules
  3. production d’IL6
  4. reprogrammation des cellules voisines.

 

Le rôle clé de l'IL6 est donc identifié avec la perspective de nouvelles approches pharmacologiques possibles pour améliorer l'efficacité de la reprogrammation cellulaire et améliorer la régénération des tissus endommagés.

Ces nouveaux résultats auront d’importantes implications dans la recherche sur la cicatrisation, en médecine régénératrice et dans la prise en charge des pathologies dégénératives associées au vieillissement.

 

Source: Science 25 Nov 2016 DOI: 10.1126/science.aaf4445  Tissue damage and senescence provide critical signals for cellular reprogramming in vivo

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